Recruter pour une start-up. So Different?

Quand on est recruteur, la culture d’entreprise a une forte influence sur les profils recrutés.

Et quand on parle de culture d’entreprise, sans tomber dans des stéréotypes ou effets de mode, le monde des start-ups fait son petit effet. Open spaces, process souples et mobiles, mode projet, agile, innovation permanente, levers de fond… Quels effets sur le recrutement et les profils recherchés ?

Le début de la relation candidat : Tutoyer le candidat ?

On a vu les premières offres d’emploi apparaître il y a quelques temps en mode « tu seras le capitaine de… » sur des stages.

Puis cela s’est élargi à des offres en CDI.

Une offre d’emploi donne le ton et doit traduire naturellement et spontanément la culture de l’entreprise.

Si vous tombez dans l’effet de mode mais que ce n’est pas ancré dans votre culture, ça va vite se voir, et l’effet boomerang c’est que ça va faire vite faire « too much »…

Alors certes, si le tutoiement aller-retour est de rigueur dans votre boîte, pourquoi vouvoyer dans une annonce ? OK convaincu, SAUF que…

Tu es prêt à tutoyer le candidat en entretien de recrutement ? Et lui aussi pourra ? Et oui, il faut aller au bout de la démarche.

Mise en situation…Phénomène récent que j’ai rencontré en recrutant pour des start-ups : me faire tutoyer au bout de 2 min par un candidat lors d’un entretien Skype…Un peu déstabilisant sur le coup. Mais mon client ne l’était pas quand il a du utiliser cette proximité de langage avec le candidat en question.

Et vous, quelle est votre expérience de recruteur à ce niveau ?!

Les codes vestimentaires en entretien de recrutement sont également beaucoup plus souples : tenue casual IN costard/tailleur OUT pour ces structures y compris pour la/le BOSS.

Les intitulés des postes « IN » sont anglophones

Quelques exemples d’intitulés de jobs qui donnent la tendance des Jobs « IN » versus les jobs « Old school »

INGENIEUR COMMERCIAL "OUT" versus BUSINESS DEVELOPER "IN"

CHARGE DE RECRUTEMENT "OUT" versus DIGITAL TALENT ACQUISITION "IN"

CHEF DE PROJET "OUT" versus PRODUCT OWNER "IN"...


 PROFILS CANDIDATS : On « AIR ! » Comme Agile, Intuitif, Responsable

Interrogeons ici 2 dirigeants de Start up niçoises. Car oui Nice est une terre de start-ups !

Parmi les success stories en cours, on vous en a dénichées 2. Morceaux choisis :

Izicap (15 salariés), start up que nous accompagnons dans ses recrutements. Reda El Mejjad, CEO :

« L’agilité, la capacité à agir sur plusieurs fronts, à changer rapidement de poste et à évoluer en phase avec le rythme de la startup » « Le fort esprit d’équipe, la solidarité » dans le registre des valeurs. « Se révéler, Avoir plusieurs cordes à son arc, et avoir en soi la culture digitale »

MyCoach (25 salariés), et son dirigeant enthousiaste et intuitif, mon ancien collègue des bancs de fac Cédric MESSINA. Alors Cédric, le recrutement chez MyCoach ?

« chez nous, les process sont remis en cause toutes les 5 minutes. Nous voulons avancer et travailler avec des personnes agiles, adaptables. Pas une question d’âge ou de diplôme pour ces deux aptitudes. Une personne issue d’un Groupe avec des process lourds et statiques peut avoir des difficultés. »

Dans 58% des cas, le salarié de start-up rêve de diriger une entreprise un jour (contre 31% pour la population active dans son ensemble). Il a donc une culture entrepreneuriale davantage développée.

Se pose donc maintenant la question de l’évaluation de ces...mais qu’est-ce donc au final ? Des aptitudes? Valeurs ? Compétences? Ressources? Car oui dans quel domaine sommes-nous?

Un peu de tout ça en même temps….Et le piège serait de tomber dans le feeling à tout va.

L'évaluation des profils "On Air"

L’évaluation du potentiel, de la personnalité et des valeurs nous apparaît ici comme un triptyque complémentaire et intéressant.

Chez AP RH, nous réalisons un entretien de recrutement très ouvert avec les candidats sur leur parcours, leurs perspectives et leurs projets.

La passation du test de personnalité SOSIE, pour lesquels nos consultants sont formés, nous permet de faire émerger 20 dimensions (traits de personnalité et valeurs). Les hypothèses établies sont une base d’échange qui permettent de mieux cerner la personnalité et les valeurs du candidat. Et aussi son adéquation avec la culture et les attentes de notre client.

Parmi ces 20 dimensions On peut y ressortir des focus « start ups » sans pour autant faire de stéréotype: Curiosité d’esprit, Dynamisme, Liberté d’action, Challenge, Conformisme, Variété/Nouveauté, Clarté des objectifs

Tiens, prenons cette dernière dimension, la « clarté des objectifs » : c’est une valeur personnelle qui est liée aux candidats ayant besoin d’objectifs clairs et précis, d’une fiche métier, d’une ligne directrice clairement établie. Ou bien vous pouvez être cette personne qui a toujours évolué avec cela, et veut se développer autrement aujourd’hui ! L’entretien de débriefing permettra d’échanger ouvertement sur cet aspect.

Et d’en faire ressortir des potentialités pour le candidat utiles pour le job pour lequel il postule…ou pour un autre !

C’est ce qui contribue aussi à la richesse et à l’intérêt de notre métier dans la relation candidat.

Nous pourrions aussi développer les corrélations entre le facteur générationnel des candidats et les dimensions recherchées chez les candidats. Mais c’est un thème qui mériterait un traitement à part entière !

Oui enfin en guise de conclusion :

De vouvoyer ton boss tu t’abstiendras

De porte de bureau tu n’auras pas

Comme tu es, au bureau tu viendras (ça me rappelle une pub de burgers)

Dans l’open Space tu te baladeras…

…Mais n’oublie pas aussi d’être autonome, auto-responsable, créatif, innovant, pour rester à bord de ce sympathique terrain de jeu…Qui reste aussi et avant tout une entreprise ☺….libérée ?

Libérée ? Mais….Le jour où ta start up n’en est plus une:

Se pose donc en ouverture du sujet (et pour le clore aussi) la question sur la Start-up qui n’est est plus vraiment une, c’est-à-dire après 5-7 ans.

François DUPUY, sociologue des organisations , qui dans Courrier Cadres du mois nous dit :

« il faut avoir en tête que les start-ups se veulent libérées uniquement dans la phase où elles démarrent. Toutes les études ont montré que dès qu’elles se développent, elle se bureaucratisent comme le reste des entreprises ».

Je suis partiellement d’accord avec celà. En fait je ne pense pas avoir assez de recul sur la question. Et vous ?